Cycliste bras levés au sommet du col de la Loze devant le panneau du domaine des 3 Vallées, après la montée depuis Courchevel
Guide

Louer un vélo de route à Courchevel : mon retour après le col de la Loze

Par Alexandre de The French Ride · Publié le 07/08/2026 · Courchevel, Savoie

Retour d'expérience sur la location d'un vélo de route à Courchevel : tarif, niveau de matériel, ce qu'il faut vérifier avant de partir et ce qu'il vaut mieux emporter dans ta valise.

Je suis arrivé à Courchevel sans mon vélo. Pas par choix : quand tu montes en Savoie pour des vacances en famille, le vélo passe souvent après le reste dans le coffre. J’ai donc fait ce que je fais rarement, je suis allé voir un loueur la veille au soir, et je suis parti gravir le col de la Loze le lendemain après-midi.

Résultat : 35 km, 1 186 m de dénivelé positif, deux heures de vélo, et une super expérience. Ce guide revient sur cette sortie et te donne les quelques éléments que j’aurais aimé connaître avant, histoire de ne pas reproduire les mêmes erreurs et de vivre un moment parfait.

Louer sur place ou emmener son vélo : ce que ça change vraiment

Emmener son vélo en montagne, c’est le meilleur choix sur le papier : ta position, tes pédales, ton braquet. Mais ça suppose un porte-vélo, une boule d’attelage et de la place pour les affaires de vélo. Si tu pars une semaine en famille et que tu comptes rouler une ou deux fois, ça vaut le coup de comparer les deux options.

Ce que la location t’apporte concrètement :

  • tu voyages léger, sans porte-vélo : tu gardes l’accès à ton coffre et tu n’as pas la crainte du vol à chaque pause ;
  • tu roules sur un vélo pensé pour la montagne, léger et avec une cassette adaptée ;
  • tu accèdes à du matériel récent ;
  • tu récupères du conseil des locaux, et c’est le point que je sous-estimais complètement.

Ce que tu perds : tes repères de position, et tes sensations. Il est pratiquement impossible de tomber sur le même vélo que celui sur lequel tu roules habituellement. J’y reviens plus bas, parce que c’est là que la sortie peut se gâcher.

Combien ça coûte et ce que tu obtiens

J’ai loué à la journée chez Izi Bike, à Courchevel Moriond, pour 45 € casque compris. J’ai réservé la veille au soir, pour une sortie le lendemain à 13h30.

Ce qu’il faut retenir sur le tarif en station : à ce prix, tu ne récupères pas un vélo d’entrée de gamme fatigué par la saison. Voilà ce que j’ai eu.

ÉlémentDétail
ModèleLapierre Pulsium 6.0, millésime 2025/2026
CadreCarbone, technologie 3D Tubular
ProgrammeRoute, orientation endurance
TransmissionShimano 105 Di2, électronique, 12 vitesses
FreinageDisque hydraulique
RouesDT Swiss E1800 Spline
Porte-bidons2
PédalesPlates
Tarif45 € la journée, casque inclus

Lapierre Pulsium 6.0 rouge Sensation Red, vélo de route loué à Courchevel Moriond, appuyé contre un muret avant le départ vers le col de la Loze

Un carbone en transmission électronique 12 vitesses pour 45 € la journée, c’est un rapport matériel/prix que je n’attendais pas. Sur une semaine de vacances, deux sorties reviennent à 90 €, soit largement moins que le coût d’un porte-vélo.

Un point de méthode : je conseille de demander le modèle exact au téléphone avant de réserver. Les stations louent souvent plusieurs gammes sous le même intitulé « vélo de route », et l’écart entre le bas et le haut du parc est énorme.

Les 5 points à vérifier avant de repartir avec le vélo

C’est la partie la plus utile de ce guide. Cinq minutes au magasin t’évitent deux heures d’inconfort.

1. La position, surtout la hauteur du cockpit

Ce qui m’a le plus surpris, c’est la position très basse. Sur mon Origine Trail, qui est un gravel, je ne m’étais pas rendu compte que j’étais aussi relevé. Sur le Pulsium, le cockpit était nettement plus bas. Alors même que le Pulsium est un vélo d’endurance, donc censé être confortable, je me suis retrouvé plus couché que d’habitude.

Les premiers kilomètres sont déroutants : tu ne trouves pas tes appuis sur les cocottes et tu as trop de poids sur les mains. Ça s’estompe au bout d’une vingtaine de minutes.

Lors de la prise en main du vélo, nous avons bien pris le temps d’ajuster précisément la hauteur de selle. N’hésite pas à faire quelques tours de roue devant le magasin pour être à l’aise avant de partir. Si tu ne connais pas tes cotes, mon outil de taille de vélo te donne un point de départ à comparer avec ce qu’on te propose.

2. Ta pointure

Chez la plupart des loueurs, les chaussures automatiques s’arrêtent au 45. Je chausse du 46, donc pas de chaussures pour moi. J’ai fait la sortie en pédales plates et en baskets. Sur 1 186 m de D+ avec des passages à 12 %, ça se ressent nettement : le pied bouge, le rendement chute dans les portions raides, et tu perds toute la phase de traction.

Si tu as de grands pieds, la question est réglée d’avance : emporte tes chaussures, ça ne prend pas de place et ça change toute la sortie. Les pédales, elles, ne sont pas un souci : le loueur les monte gratuitement.

3. Les capteurs

Je n’avais pas mes repères habituels et ça a été un vrai manque. Heureusement, j’avais ma Garmin Forerunner 255S Music au poignet pour suivre ma fréquence cardiaque. À refaire, j’emporterais mon compteur Garmin Edge 130 et mes deux capteurs Magene S3+, vitesse et cadence. Là encore, ça prend très peu de place et ça fait la différence le jour J.

4. Le nombre de porte-bidons

Le mien en avait deux, ce qui est le minimum en montagne l’été. Vérifie-le, parce que certains vélos de location n’en ont qu’un ou n’ont pas de bidons fournis du tout. Si tu dois acheter deux bidons sur place, autant le savoir avant. Ça a été mon cas, j’ai donc dû acheter deux bidons Nakamura 800 ml.

5. La tenue

Aucun loueur ne prête de tenue. Ni cuissard, ni maillot. Deux heures de selle sur un vélo qui n’est pas le tien, sans peau de chamois, c’est une très mauvaise idée. Si tu ne dois emporter qu’une seule pièce, c’est le cuissard. Et s’il te reste de la place, emporte la tenue complète.

Ce que je mettrais dans la valise la prochaine fois

  • Cuissard : non négociable.
  • Chaussures : le plus gros gain de confort et de rendement.
  • Gants et lunettes : personne ne t’en prête, et en descente de col ça compte.
  • Ta ceinture cardio si tu roules avec : la mienne est une Polar H10, elle se glisse dans une trousse de toilette.
  • Ton compteur GPS et tes capteurs : les loueurs ne fournissent presque jamais de support de cintre, prévois le tien.

Le parcours que le loueur m’a conseillé

À la base, je voulais monter au col de la Loze et redescendre par le même versant. C’est en discutant au magasin que j’ai changé d’avis. On m’a conseillé une boucle : monter le col de la Loze depuis Courchevel, basculer sur Méribel, revenir par La Tania et Le Praz, puis remonter sur Moriond pour rendre le vélo.

C’était un super conseil, et c’est exactement pour ça qu’il faut parler au loueur plutôt que de suivre bêtement une trace téléchargée sur Strava. Le gros intérêt de cette boucle, c’est qu’elle emprunte la route cyclable du col de la Loze, fermée aux voitures. Sur environ 70 % du parcours, je n’ai croisé aucune voiture. Que des vélos, des marmottes et le bruit du vent. Quand tu roules d’habitude sur des départementales bretonnes, le contraste est saisissant.

Le tracé

Courchevel Moriond, col de la Loze, descente sur Méribel, Méribel Village, La Tania, Le Praz, remontée sur Courchevel Moriond.

La carte interactive nécessite l'acceptation des contenus tiers. Voir la sortie complète sur Strava.

J’ai filmé la boucle entière en caméra embarquée, montée du col comprise : si tu veux te faire une idée du revêtement, des pentes et de la route cyclable fermée aux voitures avant de réserver, tout est là.

La vidéo nécessite l'acceptation des contenus tiers. Voir la sortie en caméra embarquée sur YouTube.

DonnéeValeur
Distance35,1 km
Dénivelé positif1 186 m
Temps de déplacement2h01
Vitesse moyenne17,4 km/h
Vitesse maximale55,5 km/h
FC moyenne / max153 / 185 bpm
Puissance moyenne estimée178 W
Calories1 404 kcal
Altitude min / max1 273 m / 2 288 m

La montée principale fait 11,9 km pour 746 m de dénivelé, avalés en 59 minutes. Les cinq premiers kilomètres passent à 5,5 % de moyenne, plutôt roulants. Ensuite la route se cabre : le Mur des Verdons sur 1,2 km à 10,2 %, puis le mur côté Courchevel juste avant le sommet, 500 m à 12,2 %. Sur ce dernier passage, j’étais à quelques battements de ma FC max.

Cette montée a été très éprouvante, elle change de pente tous les 200 m. Tu ne trouves jamais vraiment de rythme et il faut accepter de faire du yo-yo entre 5 % et 13 %.

Deux choses à savoir sur cette boucle

Les marmottes. Dans la descente sur Méribel, j’en ai eu une qui a traversé la route juste devant moi pour rejoindre son terrier. À 55 km/h dans une descente de montagne, une marmotte qui déboule, c’est une chute assurée si tu n’anticipes pas. Sur cette portion, garde les mains sur les cocottes et l’œil sur les bas-côtés.

La remontée finale. Le point bas est au Praz, à 1 273 m. Il reste alors 5 km à 5,1 % de moyenne pour revenir à Moriond, avec un passage de 1,6 km à 9,6 % et un mur de 800 m à 9,8 %. Pas de grosse difficulté, mais un trafic important de voitures et de poids lourds.

Cette sortie a été une belle occasion de découvrir la région et de tester à la fois la location et le vélo lui-même. Entre la descente du col vers Méribel et la liaison vers Le Praz, tu enchaînes plusieurs kilomètres de virages en forte pente, en permanence sur les leviers. C’est le scénario qui met les freins en difficulté, et les freins à disque hydrauliques du Pulsium n’ont pas bronché, sans perte de mordant ni levier qui s’allonge.

Ravitaillement

J’avais deux Nakamura Bidon 800 ML : un d’eau claire, et un de boisson isotonique Decathlon où j’ai volontairement forcé le dosage à 4 cuillères au lieu des 2 cuillères recommandées, pour avoir assez de sucre sur une sortie courte mais intense.

Le format 800 ml est le bon compromis en montagne. Un bidon standard fait 500 ml, et sur une montée d’une heure au-dessus de 25 degrés, les 300 ml de plus par bidon changent réellement la gestion. Vérifie juste qu’ils passent dans les porte-bidons du vélo de location : sur les petites tailles de cadre, un 800 ml sur le tube diagonal peut frotter.

Sur 2 heures et 1 400 kcal dépensées, ce format m’a suffi, sans coup de moins bien y compris sur la remontée finale. En revanche, par forte chaleur ou sur une sortie plus longue, 1,6 L au total serait clairement juste. Prévois un point de remplissage à Méribel ou au Praz.

À qui je conseille de louer à Courchevel

La location a du sens si :

  • tu es en vacances sans ton vélo et que tu veux rouler une ou deux fois dans la semaine ;
  • ton vélo perso n’est pas adapté à la haute montagne, typiquement un gravel ou un vélo de ville ;
  • tu veux essayer un vélo avant d’envisager de l’acheter, et deux heures de col disent beaucoup plus qu’un tour d’essai devant le magasin ;
  • tu n’aimes pas rouler dans le trafic : la route cyclable de la Loze, fermée aux voitures, change complètement l’expérience de la montagne à vélo.

En revanche, si tu débutes ou si tu n’as jamais passé la barre des 800 m de D+ sur une sortie, fais un simple aller-retour Courchevel, col de la Loze, sans la boucle. Tu garderas du jus pour profiter de la descente. Et si tu tiens à ta position au millimètre près, notamment après une étude posturale, emmène ton vélo.

Ce que je referais différemment

La location en station est nettement meilleure que ce que j’imaginais. Le conseil sur le parcours valait autant que le vélo, et à 45 € la journée pour un carbone en 105 Di2, l’équation est difficile à battre.

La seule chose que je changerais, c’est ce que j’avais dans mon sac : mes propres chaussures et mes équipements, compteur, capteurs et vêtements. Le reste, le loueur s’en occupe.

Voir les vélos de location Izi Bike à Courchevel